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La bibliothécaire du futur ?

La bibliothécaire du futur?

Mon billet comparant Bibliothèques et Mac Do a été repris dans le Scoop It “-thécaires | Espace numérique et autoformation”.

En parcourant cette revue numérique, je me suis aperçu que j’avais inspiré un autre blogueur, faisant le même parallèle, à partir du même constat, dans diverses bibliothèques de Bordeaux (BU et BM) : La bibliothèque jamais mieux qu’un Mcdo ?

la BU pluridisciplinaire ne propose aucun ordinateur. Et pour les chanceux qui en ont un de portable, ils devront aller à une des six (SIX) places réservées à l’utilisation d’internet (également occupées).

Vous avez bien lu : 6 places pour le Wifi dans l’une des bibliothèques décrites (Je suppose que Thomas aka Hortensius parle du nombre de prises de courant) ! Et pas de Wifi du tout à la bibliothèque municipale de Mériadeck !

Et puis rien. Aucun réseau wifi à portée, incompréhension (mais déjà un peu de panique aussi, l’étudiant en droit commence à être habitué), demande au bureau des renseignements : “Ha, mais non on n’a pas le wifi ici”.
Bon. Bon. Bon. 300 mètres et au Quick, donc ?

On se dit qu’à Rennes, on n’est pas si mal loti que cela. Le SDF du numérique que je suis serait bien malheureux à Bordeaux. Les Champs-Libres offrent le Wifi depuis l’origine, et la surcharge n’est que la rançon du succès. Ce que je critique ici, ce n’est pas la panne de Wifi en soit, c’est le manque de réactivité au bout d’un mois de plaintes des usagers. J’ai déjà vu d’autres bibliothèques avoir des ruptures de service, informatiques ou autres. On m’expliquait alors que l’informaticien partageait son temps de travail entre la bibliothèque et les autres services municipaux. Ah! Que la vie dans les structures de droit public est difficile! La bibliothèque n’a pas son informaticien attitré, quelle misère! La question des moyens a parfois bon dos : chaque Mac Do ou Quick de la ville a-t-il son informaticien en titre? Non. Et le service Wifi fonctionne pourtant. Alors? D’autant que les Champs-Libres, grosse structure s’il en est, ont leur propre équipe d’informaticiens.

Ce que je pense, c’est qu’aux Champs-Libres comme encore dans beaucoup de bibliothèques, Internet reste perçu par le personnel comme un service “plus”, facultatif, très éloigné du cœur de métier (cf Le métier de bibliothécaire 2010). La bibliothèque est déjà bien gentille de proposer ce service, alors on ne va pas se plaindre quand il tombe en rade. Eh bien si, on va se plaindre! Le cœur de métier de Mac Do, c’est de vendre des hamburgers, pas le Wifi, et pourtant ce service fonctionne.

C’est une question d’image de marque. Nous annonçons un service que nous ne somme pas capables d’assurer : les usagers ne sont pas surpris, après tout, nous ne sommes que des fonctionnaires!  Qu’on s’étonne de l’attitude de mépris de certains usagers à l’accueil : les fonctionnaires, c’est bien connu, sont des glandeurs doublés d’incompétents qu’on paye bien trop cher avec nos impôts! Vous voyez bien, le Wifi est encore en panne! On se demande ce qu’ils font au lieu de s’en occuper :

La prise de contact avec Madame-Bibliothécaire est un moment délicat. Profondément plongée (endormie?) dans la lecture du logiciel de référencement numérique des livres, elle accueille les âmes perdues dans le meilleur des cas avec un « chut! » de rigueur, dans le pire avec une indifférence blasée. Madame-Bibliothécaire te laisse donc énoncer gauchement l’objet de ta requête avec un silence obstiné qui te donne la sensation d’être un sac de vomi venu se répandre sur son sacro-saint bureau. Après deux secondes d’hésitation et de silence gênant (pour toi) tu te rassois à ta place avec la certitude que Madame-Bibliothécaire est un zombie dépourvu d’âme.
[…] Parfois il vaut mieux rester chez soi. Et vous, vous vous y prenez comment pour amadouer Madame-Bibliothécaire-Chut?

Top 10 des petits moments de solitude à la bibliothèque

Articles liés : 

« Travaux » (Photo René Maltête). Voilà l’idée qu’on se fait du fonctionnaire dans la société française. A croire que les bibliothèques se complaisent dans ce cliché, puisqu’elles ne font rien pour le changer.

<MAJ du 24 janvier 2012>

L’article sur le Wifi dans les bibliothèques bordelaises a suscité un commentaire particulièrement intéressant que je me permets de reproduire ici :

Oliburuzainak dit :
6 janvier 2012 à 21 09 38 01381

La Saga du Wi-Fi… Comme dans toute figure ubuesque que peut présenter l’administration, le personnel de bonne volonté s’y tape aussi la tête contre le murs.

Je peux donner certains éléments d’explication vus depuis Bordeaux 2, où personne et aucun service n’est à lui seul la cause du problème, mais où la conjonction d’éléments sans rapports chronologiques ou structurels entre eux a rendu compliqué ce qui pourrait être simple (en deux clics ou 5 secondes d’impression papier, renvoyer sur la solution alternative Eduroam quand Réaumur est saturé ou inaccessible, par exemple).

Certains agents ont essayé individuellement de débloquer tout ça, mais ce que ça suppose d’exposer “en creux” (sur la façon dont les ministères lancent puis abandonnent des plans nationaux, sur la façon dont les universités ont encore du mal à stabiliser le pilotage de certaines synergies inter-universitaires, sur la façon dont les services administratifs français n’ont pas la culture de communiquer entre eux, sur la façon dont la fiction du statut des corps de catégories C des bibliothèques masque une incroyable hétérogénéité), ne me permettrait pas d’expliquer la mécanique infernale en message public de façon pertinente “pourquoi des choses simples deviennent compliquées”.

Ce n’est la faute de personne en particulier, mais du système en général. Cela me fait penser à la dernière saison de Torchwood : Le jour du miracle, diffusée actuellement en France :

Je ne fait qu’appliquer les consignes. Les modules, ce n’est pas ma partie, voyez avec l’administration!

Je crains néanmoins que Oliburuzainak ne soit dans le vrai.

</maj>

3 commentaires sur “La bibliothécaire du futur ?”

  1. Bonjour
    « Nous annonçons un service que nous ne somme pas capables d’assurer »
    mais c’est le cas de la plupart des services! et quand nous assurons un service, en général c’est du bricolage, et rien ne fonctionne vraiment correctement.
    « nous ne sommes que des fonctionnaires »
    c’est bien pire que cela. Nous sommes effectivement des glandeurs pour qui la bibliothèque est et doit rester un espace où l’on travaille avec des livres. le reste c’est: joujou
    Amitiés
    Alain

  2. Hérétiques, au bûcher ! 😉 Je ne veux pas troller, mais on a souvent plus de problèmes en voulant changer les choses qu’en les laissant pourrir ; des fois j’en rêve (du changement, pas du bûcher).

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