Accueil / LA formation abf, LE cafb

LA formation abf, LE cafb

Parmi mes collègues, une salariée et quelques bénévoles ont suivi LA formation ABF. Étant passés par là, il y a bien des années, ils considèrent qu’ils ont la science infuse et n’ont pas besoin de réactualiser leurs connaissances. Après tout, ils travaillent à la bibliothèque depuis tant d’années qu’ils savent tout… de cette bibliothèque. Ils ont typiquement le profil du bibliothécaire classique pour qui le bibliothécaire hybride est un extra-terrestre. L’ironie est que les bibliothèques hybrides sont un groupe travail… de l’ABF! Si je m’en tenais à ma formation initiale à l’ENSSIB ou à MA formation CFCB, qui commencent toutes deux à dater, je serais tout simplement à côté de la plaque. Pour ne prendre qu’un exemple, en 2002 (aïe je me suis démasqué), le droit d’auteur était clair comme de l’eau de roche, bien inscrit au sein du code de la propriété intellectuelle (CPI). En 2008 (les plus perspicaces sont en train de reconstituer mon CV 😉 ), la DADVSI restait floue du fait de la lenteur de promulgation des décrets d’application, mais ni Hadopi ni les Loppsi 1 et 2, ni ACTA n’existaient encore. Creative commons restait un truc confidentiel d’informaticien. Faites le test, demandez à vos collègues s’ils connaissent ACTA ou Creative commons. C’est comme si un médecin ou un ingénieur considéraient que leurs domaines respectifs n’avaient pas évolué depuis leurs études. Olivier Tacheau, directeur de la BU d’Angers a la meilleure approche qui soit :

Enjeu : former les agents à rester compétents en se posant toujours les bonnes questions plutôt qu’à être compétents à un moment donné avec les bonnes réponses, vite périmées.

Olivier Tacheau, directeur de la BU d’Anger, journée d’études ABF « La bibliothèque contre-attaque » 3 – Des bibliothécaires

Vu la variété des formations qu’ont peut suivre, gratuitement en plus, nous ne sommes pourtant pas à plaindre. Bien des salariés du privé et même les autres fonctionnaires pourraient, avec raison, être jaloux. Demandez à vos collègues administratifs. Avez-vous déjà eu besoin de faire valoir votre droit à la formation (DIF)? Moi pas. A partir du moment où c’est gratuit, c’est tout de suite plus facile. Cependant vous avez sûrement déjà entendu comme moi ce refrain : «il faut dégager du temps, et avec tout ce qu’on a à faire au quotidien, ce n’est pas possible». Le quotidien, c’est parfois bien confortable pour garder les yeux fermés et les mains sur les oreilles : surtout, ne pas lever la tête du guidon, on risquerait d’avoir à penser!

C’est exactement le même argument concernant la veille. La vraie raison ne serait-elle pas «avec ma formation ABF (ou mon CAFB :-X ) qu’est-ce que j’ai besoin de veiller? J’ai déjà été formé, non? La veille et la formation, c’est pour les autres».

Pourtant, soyons conscients de notre chance, elle ne durera pas toujours : les rôles et les missions des URFIST,  CFCB et autres bibliothèques départementales sont remis en cause du fait de la pénurie découlant de la Réforme générale des politiques publiques (RGPP). Vous en doutez? Lisez ce communiqué de presse concernant les CRFCB. Or ce sont ces structures qui assurent les coûts de ces formations que nous boudons, soi-disant par manque de temps, alors qu’elles sont gratuites pour le client final que nous sommes. Se former pourrait devenir plus difficile à l’avenir. On pourrait bien être amené, un jour, à veiller (!) pour trouver LA formation utile à son établissement, et à pas trop cher.

En ce moment, mon conseiller Pôle emploi veut absolument m’offrir des formations, que le département financerait dans le cadre du RSA. Je peux vous dire que c’est un vrai parcours du combattant, et qu’on ne peut pas choisir ce qu’on voudrait exactement. Je risque effectivement dans ce cas précis de perdre mon temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *