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Lutter contre le chômage ou contre les chômeurs? (2)

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Le ministre du Travail, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, François Rebsamen, déclarait en septembre dernier sur iTélé, avant de récidiver sur Twitter :

Je demande à @pole_emploi de renforcer les contrôles pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi @itele

J’ai déjà donné mon point de vue sur le contrôle existant sur les chercheurs d’emploi, pour ne pas dire le flicage qui pèse sur eux, ainsi que les soit-disant offres non pourvues :

Or depuis deux mois, les informations égrènent les fraudes et abus que le chômage induit, mais on n’entend pas M. Rebsamen s’exprimer sur ces sujets : ils concernent non pas les chercheurs d’emploi, mais un certain nombre de profiteurs qui font leur beurre en tondant la laine sur le dos des chômeurs et en fraudant Pôle Emploi.

Ainsi le 20 novembre dernier, on apprenait que Leclerc abuserait des chômeurs en formation :

« D’après une enquête du Monde, la situation n’est pas nouvelle. L’enseigne fait appel à des chômeurs à qui elle promet un CDI. Leur formation est financée par des fonds publics, mais seule une petite partie est finalement embauchée. »

Quand il s’agit de contrôler les chômeurs (actualisation tous les mois, entretiens à répétition, radiations pour un oui ou un non), il y a du monde. Mais quand c’est un employeur qui fraude, il n’y a plus personne.

La direction de Leclerc a été contactée et Michel-Edouard s’est exprimé. Étonnamment, pas de réaction des Pôle Emplois concernés. Le Monde n’a même pas pensé à leur demander des comptes. Quand ils voient revenir les trois quarts des personnes parties en formation, ça ne leur met pas la puce à l’oreille? Vont-ils seulement songer à récupérer leur argent? Non, ils ne s’associent pas au procès intenté par les 11 chômeurs qui portent plainte. A Fleury-Mérogis, l’agence de formation aurait touché 190.000 euros qui ne seront donc pas récupérés. Idem à Auxerre, Montpellier, Narbonne, Nîmes, etc.

https://www.franceinter.fr/justice/leclerc-abuserait-il-des-chomeurs-en-formation

Ce vendredi 5 décembre, c’était au tour des prestataire extérieurs de Pôle Emploi d’être pointé du doigt par la Cour des comptes : Le business du marché du chômage

« Chaque année, 250 000 demandeurs d’emploi sont accompagnés dans leur recherche d’emploi par des opérateurs privés. Un marché juteux de 250 millions d’euros chaque année. Mais les contrôles de Pôle Emploi sont maigres … et les dérives nombreuses. »

https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete/l-enquete-05-decembre-2014

Interviewé sur France Inter le 20 novembre, M. Rebsamen, Ministre du travail, était à peu près aussi convainquant qu’un conseiller PE derrière son guichet :

Écoutez, laissez vos coordonnées hors antenne, je vais voir ce que je peux faire pour vous. « Je promets de regarder ça », « l’engagement que je prend ici est de traiter le dossier de Madame », etc.

A l’instar de cette secrétaire qui a décroché un CDD de 6 mois (!) après avoir interpelé M. Hollande, faudra-t-il que M. Rebsamen reçoive les 5 millions de chercheurs d’emploi en tête à tête pour inverser la courbe du chômage? Selon la nouvelle nouvelle nomenclature de PE, nous sommes désormais vos clients, M. Rebsamen. Et là le client n’est pas content, mais alors pas content du tout.


François Rebsamen,  » Les plans sociaux sont… par franceinter

Étonnamment, cette émission n’a pas suscité le même émoi que la Ministre de la Culture avouant ne pas avoir lu de roman depuis deux ans. Étonnamment aussi, personne n’a interpellé le Ministre du travail sur Leclerc (perte de 190 000€ par agence concernée), ni sur les fraudes des prestataires (perte de 13 millions d’euros pour le service public de l’emploi). Si Pôle emploi doit renforcer ses contrôles, ce n’est peut être pas du côté des chômeurs qu’il faut chercher pour réduire les fraudes.

Qu’on me parle encore du manque de moyens de Pôle Emploi dans les reportages misérabilistes comme dans Le documentaire « Pôle emploi, ne quittez pas! » qui passe actuellement dans les salles obscures. « Derrière le guichet, le désarroi des conseillers » nous décrit-on. Et le désarroi des chercheurs d’emploi??

Le réalisateur de Pôle emploi, ne quittez pas! était sur France Culture le 20 novembre 2014 :

On fait comme si on découvrait le phénomène alors qu’il date de la fusion ANPE-Assedic, concomitante avec la « crise bancaire de 2008 » dont on paye encore la facture. Une première version du film, avec 20 minutes de moins, avait été diffusée sur la chaîne LCP en novembre 2013. D’autres témoignages ont précédé, sous forme de documentaires ou de livres, voire de sites web et de BD. J’en avais listé une partie en 2011 :

A l’époque, j’étais compatissant. Mais avec le temps, la frustration des conseillers se retourne contre les « DE » (demandeur d’emploi) comme ils disent. Or, les conseillers travaillent peut-être chez Ubu, mais peuvent laisser leurs soucis au vestiaire en rentrant le soir. Les chercheurs d’emploi, eux, vivent avec Ubu 24/7 et n’ont pas besoin d’être infantilisés à chacun de leur rendez-vous au PE.

Quitter Pôle Emploi, mais on ne demande que ça!

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