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Motivation : l’argent n’est pas tout

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Dans un article récent, Ma(g)BU s’interroge sur les statuts des personnels de bibliothèques. Le débat dans le billet et les commentaires consiste à savoir si un bibliothécaire peut effectuer des tâches non inscrites dans son statut (A, B, et C). Face aux tenants de la maxime « tout travail mérite salaire », arguant que si quelqu’un fait des choses en plus, il doit être payé en conséquence, Alain Carré soutient que si un travail doit être fait, cela ne doit pas être un problème si c’est un C qui s’en charge, ne serait-ce que pour améliorer la qualité de service. Je suis d’accord avec M. Carré sur le fond : d’ailleurs, c’est plus une question de hiérarchie que de compétences réelles. Ainsi dans les petites bibliothèques, où la hiérarchie est moins prégnante, les postes sont plus polyvalents. Néanmoins, confier des tâches plus variées pour améliorer la motivation au travail sans contrepartie peut conduire à des abus. C’est pourquoi j’ai posté le commentaire suivant, centré sur deux extraits pris dans les autres commentaires :

« […] cette vision hiérarchique très cadrée, le « chacun à sa place » est plutôt pratiqué dans la filière état. […]un directeur de médiathèque nous avait expliqué [que] certains adjoints du patrimoine [ont] la possibilité de s’impliquer dans les acquisitions, certains pouvant devenir responsables documentaires. « 

Dans les petites structures, notamment des bibliothèques municipales, les postes sont plus polyvalents : chacun participe un peu à tout. On n’y trouve pas une hiérarchie aussi poussée que dans les grosses structures (BU mais aussi grosses BM). Les C de petites BM, s’ils ne sont pas payés plus, ont ainsi des tâches plus intéressantes. Il faut croire que c’est un puissant facteur de motivation, puisque ces BM peuvent se permettre de recourir… à des bénévoles! Et croyez bien que ces bénévoles ont des tâches transversales au même titre que leurs collègues (mal) rémunérés : participation aux acquisitions, organisation d’animations… en lieu et place des professionnels.

« ce n’est pas seulement parce qu’ils en ont envie mais avant tout parce que le service en a besoin. »

Si un service municipal a besoin de gens pour faire ce qui ne l’est pas, il peut ainsi faire appel à des bénévoles au lieu d’engager des personnes qu’il lui faudrait payer, serait-ce en CDD ou en vacation. C’est encore plus fort qu’en BU : ce n’est plus une question de payer plus, mais de payer tout court.

On s’insurge volontiers lorsque David Cameron veux mettre des « volontaires » partout au Royaume-Uni, mais on oublie un peu vite que cette pratique est historique dans les BM françaises.

Et pour finir, une touche d’humour (?) : En ce mois de septembre, il y a des gens qui payent pour travailler. Certaines caves ont trouvé le bon filon : elles proposent à des touristes de payer pour vendanger. Tout travail mérite salaire dit-on. Ici c’est l’employeur qui reçoit un « salaire » de ses employés! Ayant été un vendangeur régulier durant treize ans (Bourgogne, Beaujolais et… Suisse), je peux témoigner que c’est un vrai travail et que le salaire (agricole, donc bas) n’est pas usurpé. Si les motivations non pécuniaires sont élevées (l’ambiance notamment), il ne me viendrait pas à l’idée de payer pour y aller.

Sources :

Labivin.net : Une activité oeno-touristique, Participer aux vendanges !
Journal télévisé : Quand les touristes font les vendanges

L’argent n’est pas tout pour certaines personnes passionnées, certes. Tout dépend de quel point de vue on se place. (Non) payeur ou payé, il y en a toujours au moins un pour s’y intéresser : devinez lequel ?

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