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Acquisitions (3) : Inscription dans les collections

«Aujourd’hui, les professionnels conçoivent la collection comme un ensemble dynamique, intégrant de façon constante de nouveaux documents (acquisitions) et évacuant dans le même temps les éléments qui n’y ont plus leur place (désherbage).
La collection est donc «un ensemble vivant» cohérent et limité de documents. Ce sont ces limites qui la définissent tout en lui donnant son identité :

sont des contraintes aussi structurantes que celles du budget, des moyens humains et de l’espace des bâtiments.»

(Benoît Tuleu, Le Métier de Bibliothécaire, 2010, p.181)

Dans une petite bibliothèque municipale, la politique documentaire se décline donc selon le couple acquisitions / désherbage. La conservation ne concerne pas ce type de bibliothèque.

Les quatre étapes des acquisitions :

1- Les suggestions
Si les acquisitions peuvent intéresser un large public parmi les abonnés et aussi les élus, «seuls les bibliothécaires sont en position professionnelle de penser la collection de façon globale et sur la durée.» Ainsi, une suggestion  n’est pas nécessairement suivie d’une acquisition. C’est le professionnel qui décide.

Il n’y a pas que le cahier de suggestions. Il faut savoir être à l’écoute de son public et aller vers lui. Ici le forum des associations en septembre dernier.

2- la sélection
C’est donc une affaire de bibliothécaire et pas d’élus.

«Concrètement, elle commence par la vérification de l’identification du document et de sa disponibilité et aboutit à un bon de commande envoyé au fournisseurs après validation.
[…]
Les bibliothécaires établissent cette sélection en faisant autant que possible abstraction de leurs goûts personnels pour atteindre les objectifs fixés par la politique documentaire et par elle seule. Sur certains sujets sensibles (par exemple, la politique et la religion) atteindre l’objectivité et le pluralisme dans les collections n’est pas facile, mais doit rester un objectif.»

Le bibliothécaire dispose d’outils pour ses acquisitions : bibliographies, informations de la presse généraliste et du web, ressources spécialisées -souvent en ligne-, visites de librairies, représentants,  catalogues des autres bibliothèques et des éditeurs…

Pierre Marige, bibliothécaire acquéreur et catalogueur dans une bibliothèque universitaire explique sur son blog comment il fait au jour le jour concrètement. Sa présentation s’articule en quatre points :

    • sources de veille sur les nouveautés,
    • vérification de l’absence dans les collections et de la pertinence de l’achat,
    • formatage des informations bibliographiques
    • et constitution des listes d’acquisition.

« Il s’agit donc beaucoup de trier pour sélectionner ou rejeter, plutôt que de rechercher désespérément des titres. […] Le temps passé dépend essentiellement du questionnement « ce livre correspond-il à notre politique documentaire » »

<http://akareup.hypotheses.org/45>

3- la validation
La signature du bon de commande revient à la direction de la bibliothèque, seul endroit où existe la vision d’ensemble des collections et de la politique documentaire.

4- L’achat
Les compétences requises ne sont pas bibliothéconomiques, mais administratives. Ça n’a rien à voir avec aller chercher les documents au magasin. Vérification technique du bon de commande, suivi comptable et financier, réception de commande, suivi du paiement, etc. Un administratif de la mairie réalise l’essentiel de ces tâches. Chacun son métier.

Derrière le terme acquisitions se cache donc un travail non négligeable. Or le document n’est pas encore dans les murs de la bibliothèque. Quand les cartons arriveront enfin, il ne faut pas croire que les documents seront prêts à être proposés aux lecteurs. Il faudra encore les traiter intellectuellement (catalogage) et physiquement (équipement). Ensuite il faudra en assurer la promotion (médiation). Et tout cela, le public ne le voit pas. C’est ce que l’on appelle «le travail interne».

Ce qui m’a le plus surpris la première fois que j’ai travaillé en bibliothèque, il y a… 12 ans (1998), c’est que les lecteurs cherchaient à entrer hors des horaires d’ouverture, à partir du moment où ils voyaient de la lumière et des gens à l’intérieur, n’imaginant pas qu’on puisse travailler sans être ouvert. Aujourd’hui c’est toujours le cas. Personne n’a conscience de ce travail interne.

Acquisitions (4) : Inscription dans les collections

«Aujourd’hui, les professionnels conçoivent la collection comme un ensemble dynamique, intégrant de façon constante de nouveaux documents (acquisitions) et évacuant dans le même temps les éléments qui n’y ont plus leur place (désherbage).

La collection est donc «un ensemble vivant» cohérent et limité de documents. Ce sont ces limites qui la définissent tout en lui donnant son identité :

  • Les besoins des publics

  • la configuration du territoire

  • l’environnement documentaire

  • et les missions de la bibliothèque [lien]

sont des contraintes aussi structurantes que celles du budget, des moyens humains et de l’espace des bâtiments.»

(Benoît Tuleu, Le Métier de Bibliothécaire, 2010, p.181)

Dans une petite bibliothèque municipale, la politique documentaire se décline selon le couple acquisitions / désherbage. La conservation ne concerne pas ce type de bibliothèque.

Les quatre étapes des acquisitions :

  • Les suggestions
    Si les acquisitions peuvent intéresser un large public parmi les abonnés et aussi les élus, «seuls les bibliothécaires sont en position professionnelle de penser la collection de façon globale et sur la durée.» Ainsi, une suggestion n’est pas nécessairement suivie d’une acquisition. C’est le professionnel qui décide.

  • la sélection
    c’est donc une affaire de bibliothécaire et pas d’élus. «Concrètement, elle commence par la vérification de l’identification du document et de sa disponibilité et aboutit à un bon de commande envoyé au fournisseurs après validation.
    […]
    Les bibliothécaires établissent cette sélection en faisant autant que possible abstraction de leurs goûts personnels pour atteindre les objectifs fixés par la politique documentaire et par elle seule. Sur certains sujets sensibles (par exemple, la politique et la religion) atteindre l’objectivité et le pluralisme dans les collections n’est pas facile, mais doit rester un objectif.»
    Le bibliothécaire dispose d’outils pour ses acquisitions : bibliographies, informations de la presse généraliste et du web, ressources spécialisées -souvent en ligne-, visites de librairies, représentants, catalogues des autres bibliothèques et des éditeurs…

  • la validation
    La signature du bon de commande revient à la direction de la bibliothèque, seul endroit où existe la vision d’ensemble des collections et de la politique documentaire.

  • L’achat
    Les compétences requises ne sont pas bibliothéconomiques, mais administratives. Ça n’a rien à voir avec aller chercher les documents au magasin. Vérification technique du bon de commande, suivi comptable et financier, réception de commande, suivi du paiement, etc. Un administratif de la mairie réalise l’essentiel de ces tâches. Chacun son métier.

Derrière le terme acquisitions se cache donc un travail non négligeable. Or le document n’est pas encore dans les murs de la bibliothèque. Quand les cartons arriveront enfin, il ne faut pas croire que les documents seront prêts à être proposés aux lecteurs. Il faudra encore les traiter intellectuellement (catalogage[lien Ils sont venus ils sont tous là], indexation) et physiquement (équipement). Ensuite il faudra en assurer la promotion (médiation[lienSi la bibliothèque avait un site]). Et tout cela, le public ne le voit pas. C’est ce que l’on appelle «le travail interne».

1 commentaire pour “Acquisitions (3) : Inscription dans les collections”

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