Mes lectures du moment

HerediteSansGene
Share

La saison automnale des prix littéraires 2013 a démarré le 24 octobre dernier avec l’attribution du Grand Prix du roman de l’Académie Française (Plonger de Christophe Ono-dit-Biot). Elle se poursuit tout au long de novembre :

La page Wikipedia sur le sujet se complète au fur et à mesure.

Les romans -ou fiction adulte- sont une des grosses ressources des bibliothèques (en mètres linéaires comme en volume de prêts), mais le public comme les professionnels oublient trop souvent que ce n’est pas la seule. Si les “mauvais genres” (SF, polars, horreur...) ont finalement trouvé une place à côté de la “grande” littérature,  on continue d’assimiler implicitement la culture à la littérature, et on en arrive à des critiques de certaines animations au prétexte qu’elle n’ont qu’un lointain rapport avec le livre – où livre est entendu comme roman, ou en tout cas comme fiction :

Je pense que ces activités [Les accueils de classes – ndla] doivent tout de même se rattacher à des livres et des contenus « traditionnels ». Là où j’étais, on travaillais entre secteurs de la bibli parfois (donc avec la discothèque ou autre). Cela permettait de faire des passerelles, et de montrer aux enfants qu’ils pouvaient, par exemple, retrouver des contes en musique ou en livres lus. Toute animation doit avoir un lien avec les livres, on reste avant tout une bibliothèque […] Je pense qu’il ne faut pas forcément chercher le côté interactif / jeu dans une histoire présentée. Les enfants ont déjà largement à faire avec leurs jeux vidéos / ordis and co.

On se demande alors pourquoi les temples du livre proposent aussi des CD (culture musicale), des DVD (culture cinéma), des magazines, des journaux, des ouvrages documentaires (culture scientifique, historique, philosophique, etc) et je ne parle pas de la section recherche d’emploi et concours, ni de la cuisine, du bricolage et du macramé.

La culture est donc loin de se limiter aux romans. J’ai un ami qui dévalise le rayon CD de la FNAC chaque fois qu’il y va, sans compter ses commandes en lignes. La dernière fois, il est revenu avec une quinzaine d’albums et coffrets, dont une intégrale de Ravi Shankar. Moi, c’est le marchand journaux qui fait des affaires quand je passe dans son rayon magazines :

S&VTerreEn30ansToutAChange
Science & Vie Questions-Réponses Spécial Terre en 30 ans tout a changé – Oct 2013 118 p.
HerediteSansGene
Dossier Pour la science L’hérédité sans gènes 81 Oct-dec 2013 118 p.
BigBangNumerique
Pour la science Big bang numérique 433 Nov 2013 143 p.
LePointAsterix
Le Point HS Astérix La saga – Nov déc 2013 106 p.

 Trois revues de sciences et une autour de la BD. Donc aucune liée à mon métier déduisez-vous, on est dans la lecture-plaisir. Pour l’observation satellitaire du globe et la biochimie du génome, vous avez raison. Par contre, en savoir plus sur Astérix quand on a été responsable BD d’une bibliothèque municipale, c’est de la culture professionnelle (lecture pro et lecture plaisir ne sont pas incompatibles 😉 ). D’autre part, les bibliothécaires devraient un peu plus s’intéresser au “Big bang numérique” car il les concerne tout autant que les archivistes et les documentalistes. Evidemment, pour ceux qui ont une culture exclusivement littéraire, le phénomène sera plus difficile à appréhender. Qu’ils ne se laissent pas intimider par le titre de la revue. Ce numéro de Pour la Science reste globalement grand public.

Outre ma veille sur internet, je lis aussi régulièrement des revues professionnelles.

Je suis abonné aux deux premières et la troisième (le BBF) est accessible en ligne. Les thèmes des numéros du moment sont : “Médiation numérique” et “Les métiers de l’information et la donnée, analyse d’un monde en mutation”. Le dossier du BBF, “Innovation et patrimoine”, peut paraître moins geek, mais l’innovation en question ne concerne plus les procédés de conservation des livres contre l’acidification du papier, ou les techniques de reliure les plus en pointe. Vous l’avez compris, ces innovations sont liée à l’explosion du numérique :

On y découvre des expérimentations passionnantes autour des bibliothèques numériques, de l’interopérabilité des données patrimoniales, des digital humanities, de la médiation numérique, de la culture participative.

J’ai donc sept lectures à la fois en ce moment, et pas un seul roman en cours ce mois-ci. Pour autant, mes lectures professionnelles ont-elles moins d’intérêt que de savoir qui a eu tel ou tel prix littéraire? La petite liste du début du billet représente déjà huit livres, dont les 1143 pages de Yann Moix. Et ce n’est qu’une infime partie des cinq cent romans qui sortent à chaque rentrée littéraire. Un bibliothécaire ne peut lire tout ce que sa bibliothèque acquiert, ni tous les romans qu’elle contient. S’il veut pouvoir conseiller ses usagers sur toutes les section de son institution, il doit être éclectique et donc faire des choix : il ne peut se limiter à ne lire que des romans.

Selon vous, les lecteurs de magazines sont ils de moins bons lecteurs que ceux qui ne lisent que des romans? A quoi tient cette place à part des romans dans la représentation de la culture selon l’imaginaire collectif?

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

2 commentaires sur “Mes lectures du moment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *