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Le 8 mars, c’est toute l’année

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Du 9 mars 2013 au 8 mars 2014, 365 personnalités, structures, administrations, collectivités, associations, établissements scolaires, syndicats, entreprises ou encore responsables politiques s’engagent à faire de l’égalité femmes – hommes un enjeu de chaque jour.

Dans Le Parisien de ce jour, la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, détaille les projets du gouvernement pour la parité. Les femmes gagneraient 28% de moins que les hommes dans le privé, soit quatre points de moins qu’en 2008, or la législation impose à l’employeur « d’assurer pour un même travail, ou un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes : cette obligation interdit toute différenciation de salaire fondée sur le sexe. » Quoique les inégalités de salaires à poste égal ne représentent en fait que 9%, Mme Vallaud-Belkacem  annonce qu’il y aura des sanctions dans six mois si rien ne se passe, pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale.

Certes, certes. Mais les femmes de la fonction publique d’état gagnent 17% de moins que les hommes (cf ci-dessous). pour les mêmes raisons : l’inégalité devant la progression de carrière et le temps partiel, et ce chiffre stagne depuis dix ans, contrairement à celui du privé. L’Etats va-t-il devoir se sanctionner lui-même?

J’ai trouvé ce chiffre de 17% dans le Pariteur (cohérent avec les 18% annoncés par France Info). Publié cette semaine par France TV info à l’occasion de la journée de la femme, Le Pariteur est une application qui vous permet de « changer le sexe de votre fiche de paie ». En répondant à quelques questions (genre, âge, profession, région, salaire), on peut savoir ce que gagnerait, toutes conditions égales par ailleurs, une personne du sexe opposé.

J’ai fait le test avec mes données de 2010, puisque l’appli fonctionne avec les données 2010 de l’Insee. A chaque question, la webappli propose des informations sur le critère considéré :

L’âge est-il discriminant? Plus la carrière avance, plus l’écart de salaire augmente. Si en 2010, à 25 ans, une femme gagne en moyenne % de moins qu’un homme, l’écart est de 32 % en fin de carrière dans le secteur privé. Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : type de métier exercé, qualification et secteur d’activité, nombre d’heures travaillées sur l’année, interruptions de carrière et expérience professionnelle.

Des métiers à part. La différence de salaires entre hommes et femmes est en moyenne 19,7 % dans le privé contre 16% dans la Fonction Publique d’Etat, 12% dans la Fonction publique territoriale et 27% dans la Fonction publique hospitalière.

L’île de France, une exception française. En 2010 en Île-de-France, le salaire brut horaire moyen d’un salarié à temps complet est de 22,80 euros et de 16,30 euros en province, soit 40% de plus. Les différences de rémunération entre l’Île-de-France et la province sont également très marquées. Elles sont dues à la répartition des entreprises sur le territoire français, selon le secteur d’activité et la taille : l’Île-de-France concentre davantage de sièges sociaux, d’activités de services, et de grandes entreprises.

Temps partiel. En 2010, 30,9 % des femmes actives travaillent à temps partiel, contre seulement 6,7 % des hommes. Le temps de travail des hommes est en outre accru par les heures supplémentaires qu’ils effectuent plus souvent que les femmes.

Certes, certes. Je suis un homme qui gagnait 823 € net en 2010 pour un peu plus d’un mi-temps (20h hebdo, soit 57% d’un temps plein), en Bretagne. L’âge doit jouer aussi, mais je ne tais pas mon anniversaire sur Facebook pour le révéler ici. Verdict :

25% DE MOINS qu’une femme. C’est le double de l’écart moyen dans la fonction publique territoriale, mais surtout la proportion est inversée. On ne peut pas dire que je ne suis pas solidaire.

J’ai tenté quelques changements de paramètres. Si j’étais une femme, je gagnerais également moins qu’un homme (logique). Il faut dire que 823€, c’est plus de 100€ en dessous du seuil de pauvreté. J’ai donc tenté : homme, 1500€ net, temps plein (totalement fictif). Le verdict n’est pas très différent :

Avec 1500€, je suis encore 32% au dessous des femmes. Faudra-t-il que je me déguise en Mme Doubtfire?

Conséquence, aucun des supports de communication proposés à la fin du test ne me correspondent. Les concepteurs du Pariteur ont été tellement sûr de leur démonstration qu’ils ont oublié que toute statistique recouvre des exceptions.

Très féminisé, bibliothécaire, est vraiment un métier à part, et pas seulement le 8 mars. La journée du refus de la misère et contre la précarité, le 17 octobre, lui correspond également, hommes compris.

Vous aussi, faites le test du Pariteur et venez commenter vos résultats

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