Du bon usage des réseaux sociaux (2)

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Dans le précédent billet, l’usage des réseaux sociaux était vu dans le cadre du cercle familial et privé. Ici il s’agira du point de vue d’institutions collectives.

AxaBonSensNumériqueEn entreprise

Contrairement à ce que certains pensent, les réseaux sociaux sont aussi utilisés par des adultes… qui ne sont pas toujours plus malins que les jeunes concernant leur identité numérique. Or cela peut avoir des répercussions sur le lieu de travail. De nombreuses entreprises rédigent des “chartes médias sociaux” (Social Media Guidelines) pour se couvrir, mais l’objectif est souvent manqué pour diverses raisons, notamment parce qu’elles tombent d’en haut et ne répondent pas aux questions que se posent les salariés.

En 2011, l’assureur AXA a lancé une démarche visant à éviter ces écueils :

le “Guide du Bon Sens Numérique, [est] un projet initié avec ses 15 000 collaborateurs sur le bon usage des médias et des réseaux sociaux. Durant 10 semaines, ils ont partagé leurs témoignages et expériences sur une plateforme collaborative accessible en ligne et ont ainsi participé à l’écriture de 20 conseils indispensables pour prévenir les risques numériques.

Ces 20 conseils ont été rassemblés sur une plaquette (pdf) selon quatre axes :

  1. Comment protéger sa vie privée sur Internet ?
  2. Comment faire face aux délinquants numériques ?
  3. Comment protéger sa réputation sur Internet ?
  4. Comment gérer les interactions entre sa marque personnelle et sa marque d’entreprise ?

Ce guide aide à prendre conscience que les traces qu’on laisse sur le réseau, mais aussi celles de notre entourage, façonnent ce qui se dit de nous en ligne :

Votre marque personnelle existe sur Internet quoi que vous fassiez et elle devient une coconstruction entre vous et votre entourage.
Si vous ne vous souciez pas de votre réputation numérique, d’autres le font. Les médias sociaux sont de plus en plus consultés afin de rechercher des informations sur des personnes.
Cette pratique est devenue si courante qu’on emploie l’expression « googliser ou googler quelqu’un ».
[… Or] protéger sa vie privée sur Internet est une responsabilité individuelle et non celle des réseaux sociaux.

Parmi les conseils pratiques, le guide nous indique comment rendre moins visible une information négative sur les moteurs de recherche. En en demandant la suppression à la personne qui l’a mise en ligne (par voie amiable ou judiciaire) ou… en rejetant cette information dans les limbes numériques :

95 % des internautes qui font une recherche sur Internet ne vont pas au-delà de la 3e page des résultats soit environ 30 liens. Si l’information négative passe sur la 4e page, elle continue à exister mais elle devient beaucoup moins visible.
Pour faire disparaître un contenu gênant, il suffit donc parfois de créer du contenu avec vos prénom et nom pour enterrer le contenu négatif. Vous pouvez par exemple, créer un compte sur LinkedIn et sur Twitter, créer des profils en ligne comme https://profiles.google.com/ ou acheter votre nom de domaine : prenom-nom.com.

La conclusion du guide est optimiste en mettant l’accent sur le fait que nous sommes dans une phase de transition.

Entre ceux qui ont peur et qui n’osent pas et ceux qui confondent maîtrise technique et bon sens, nous sommes dans une phase de transition où tout le monde doit encore apprendre en commettant parfois des erreurs.
Salariés et employeurs explorent chacun de leur côté cet espace dans lequel ils ont en réalité un destin numérique commun.
[…] Faire preuve de Bon Sens Numérique, c’est savoir gérer les risques, les identifier et les anticiper, mais c’est aussi tirer parti de toutes les opportunités offertes par Internet à travers les médias et les réseaux sociaux.

Un guide utile à tous les adultes, qu’ils aient des enfants ou non !

Et en bibliothèque ?

Selon Yann Leroux sur OWNI,

Les bibliothécaires ont un rôle à jouer sur internet pour guider leurs utilisateurs vers des contenus en lien avec les lectures qu’elles diffusent. Quelques conseils pour faire vivre sa bibliothèque sur le réseau.

Parmi ses 20 conseils pour les bibliothèques et les bibliothécaires, on trouve :

  • Prenez place sur le réseau (identité numérique)
  • Créez des réseaux de professionnels (Facebook, Linkedin et Viadeo)
  • Privilégiez votre voisinage (ajoutez à vos contacts les lieux que fréquente votre public : centres de loisirs, maisons de retraite, centre sportifs, hôpitaux)
  • Mettez en place un système de veille (Google Reader, Netvibes)
  • Utilisez différents services (Allez chercher le public où il se trouve : Twitter, MySpace, Facebook ou Skyblog)
  • Publiez régulièrement, Interagissez, Bloggez, Bookmarkez, créez des podcast, jouez
  • Utilisez Twitter, Facebook, Youtube, Dailymotion
  • Encouragez l’utilisation des téléphones cellulaires dans la bibliothèque
  • et surtout : N’ayez pas peur d’échouer et gardez en vue un plan d’ensemble

Yann Leroux est conscient que tout ne dépend pas des bibliothécaires :

On sent vis à vis des matières numériques des envies et des hésitations de la part des bibliothécaires. Les envies viennent de ce que beaucoup pressentent que le numérique est une matière intéressante à travailler. Les hésitations viennent principalement d’enjeux de pouvoirs : le service informatique renâclent à ouvrir les accès réseau, la mairie veut contrôler la communication de sa bibliothèque etc…

Parmi les commentaires de ce billet, certains bibliothécaires trouvent que l’auteur a déjà un train de retard (une page Facebook et alors), tandis que d’autres insistent sur le manque d’utilisation de la toile par leur bibliothèque. Précisons que le billet de Yann Leroux date de 2010. Les choses ont-elles évolué ces deux dernières années dans nos vénérables institutions ?

Qu’en est-il chez vous ? Votre institution est-elle connectée, avec une identité numérique cohérente, ou vos informaticiens et/ou votre tutelle vous bloquent-ils, considérant que l’informatique n’est pas l’affaire des bibliothèques ? Qu’en pensez-vous vous même : est-ce le rôle d’une bibliothèque de s’occuper d’autre chose que de livres ?

Quel est votre usage individuel des réseaux sociaux? Les utilisez-vous dans un cadre personnel ou professionnel? Êtes-vous attentifs aux traces que vous laissez sur la toile, avez-vous réglé vos paramètres de confidentialité? Avez-vous appris des choses dans le guide d’AXA?

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1 commentaire sur “Du bon usage des réseaux sociaux (2)

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