Le salon de lecture numérique

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De confortables fauteuils autour d’une large table basse : un petit côté bibliothèque troisième lieu!

Les expériences de prêts de liseuses et de tablettes se développent dans les bibliothèques de toutes tailles (le Motif en Île-de-France, Tence, BU Angers, Lorient, Bordeaux…). Depuis décembre dernier, la bibliothèque de Rennes Métropole propose une approche inédite. Au lieu de laisser les lecteurs partir chez eux avec un ou deux modèles de tablette ou de liseuse, l’institution a mis en place un salon de lecture numérique. De confortables fauteuils sont disposés autour d’une grande table basse sur laquelle ont trouve les trois modèles de tablettes les plus répandues (Apple, Samsung, et bientôt Archos), les liseuses les plus populaires (Sony, Samsung, Cybook, Fnac, MPMan…), ainsi qu’une Nintendo DS et un iPod Touch. L’idée est de permettre aux usagers de manipuler ces appareils de façon autonome pour en appréhender le fonctionnement et se familiariser avec ces outils dont peu de gens sont équipés : Les liseuses sont encore onéreuses avec un catalogue francophone peu étoffé et les tablettes sont complémentaires des ordinateurs mais ne s’y substituent pas.

J’ai découvert cet espace peu de temps après sa création, mais même avec le prospectus de présentation, des questions restaient en suspens. Lorsque j’ai appris que l’ADBS organisait une présentation de ce salon, j’ai préféré reporter la rédaction de ce billet.

Mardi dernier, nous nous sommes donc retrouvés aux Champs-Libres. Nous avons été accueillis par Marianne Coatanhay, du service accessibilité, elle même membre de l’ADBS, et Ogier Maillard, stagiaire en master et en charge des appareils. Le programme de la visite comprenait le Salon proprement dit, installé au 3e étage “Sciences et vie pratique”, puis une présentation des services numériques en général à la bibliothèque.

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Évidemment, lors de ma première visite, mon premier réflexe a été de voir comment les sites que je gère rendent sur une tablette.

Les Champs-Libres ont choisi de ne pas prêter de liseuses dans l’immédiat. En revanche, sur place, chacun peut s’installer dans un fauteuil et manipuler à loisir les différents appareils, reliés à des antivols filaires de type grande surface. Les liseuses ont été approvisionnées avec des œuvres libres de droit (romans et BD). Quand aux machines capables d’accéder à Internet, le réseau Wifi de la bibliothèque évite le surcoût d’abonnements 3G. A ce propos, alors que peu d’excès ont été observés, certains petits malins ont cherché à truster les tablettes, pour éviter les ordinateurs de consultation proposés partout dans la bibliothèque, mais sur inscription et pour une durée limitée.

Au niveau entretien, Ogier Maillard explique qu’un toilettage régulier est nécessaire. Si peu d’appareils tombent complètement en carafe, il faut supprimer des annotations, photos, données personnelles que les utilisateurs laissent durant leurs expérimentations. De plus, il faut veiller à la bonne marche des mises à jour logicielles, qui se font normalement automatiquement. Enfin il nous apprend que de nouveaux modèles des constructeurs vont venir remplacer les anciens au fur et à mesure de leur sortie. Quelques-uns doivent arriver dans le courant de la semaine. C’est une chose à laquelle je n’avais pas pensé et je trouve l’initiative louable : le Salon continue donc à évoluer, avec le budget correspondant, il n’a pas été laissé à l’abandon après son installation.

Le service suscite la curiosité des usagers. Marianne Coatanhay nous confie que beaucoup s’exclament tout de même : “Le papier est plus pratique !” Après trois mois de fonctionnement, les réactions recueillies sont un peu éparses. Un questionnaire sera bientôt soumis aux usagers, pour avoir une vision plus structurée de leur perception de ce service. Mme Coatanhay nous a également informés que la bibliothèque proposera bientôt Numilog (Hachette). Comme pour le papier, il ne s’agit pas de prêter des fichiers à un nombre illimité de lecteurs en même temps. Ce serait techniquement possible, mais ce n’est pas la stratégie du fournisseur (exemple de l’université Bordeaux 1). Il y aura vraisemblablement trois exemplaires prêtables simultanément. Je ne sais pas quoi penser de ce choix. A priori cela me paraît dommage. J’imagine la réaction des lecteurs quand on leur dira : ce fichier est actuellement prêté, voulez-vous le réserver ?

Nous nous sommes ensuite installés autour de la table basse pour essayer des appareils comme le font les visiteurs de la bibliothèque. Nous étions trop nombreux pour le nombre de machines, mais en testant à plusieurs, l’expérience était intéressante. J’ai pour ma part manipulé deux liseuses (Samsung et Sony) et l’iPod Touch. Sachant que je peux revenir quand je veux, je n’ai pas cherché à en voir plus, mais je dois reconnaître que les liseuses me paraissent peu intuitives et peu ergonomiques, contrairement aux tablettes.

Nous sommes ensuite montés dans une petite salle au 6e étage, pour une présentation des services numériques en ligne… Ce sera l’objet du prochain billet  : Autoformation et numérique 😉 .

Que pensez-vous de cette initiative de Salon de lecture numérique ? Avez-vous eu l’occasion de l’expérimenter ? Quelles sont vos impressions ? Connaissez-vous d’autres initiatives de bibliothèques autour de la lecture sur écrans ?

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La médiation passe par des prospectus et par deux grands écrans qui diffusent des informations autours du numérique.

L’Enssib fournit une ressource intéressante pour se faire une idée de l’état de l’art actuel :

Bonjour,
nous réfléchissons à mettre en place une offre numérique dans notre bibliothèque. Nous aimerions mettre à disposition des tablettes numériques ou des liseuses sur lesquelles les usagers pourront avoir accès à de la presse numérique en ligne. Savez-vous quelles bibliothèques ont déjà expérimenté ce système, en France ou à l’étranger, et si cela a été concluant ? Merci d’avance

Le Service questions? Réponses! fournit une réponse détaillée comme il sait le faire : lecture recommandée. Cependant, il y est fait mention d’un mémoire de Master : L’impact du développement de l’e-book sur l’organisation des bibliothèques et le métier de bibliothécaire (Tiphaine Gauquelin, 2011). Inutile d’essayer d’y accéder, il est NON PUBLIC!

Le dossier :

  1. Le salon de lecture numérique
  2. Autoformation et numérique
  3. Le Bouton “Explorer le web”

Vous aimerez aussi :

<MAJ du 28 mai 2012 : Le salon fait des émules>

Le Salon de lecture numérique de Rennes fait des émules. La bibliothèque d’Anglet (38000 hab), au Pays Basque, va proposer à partir de mi juin, un salon de lecture numérique à ses usagers :

Si le contenu est la face escarpée du numérique, ses outils, apparemment plus accessibles, méritent aussi une initiation. Tablettes et liseuses ne sont pas inconnues du lecteur, car elles font l’objet de publicités par les marques, mais la connaissance en est souvent superficielle, car l’investissement est conséquent. « Pour que le public se fasse une opinion », la médiathèque ouvrira donc un salon de lecture numérique à la mi-juin.

Cet « espace consacré à cette nouvelle manière de lire et de consulter des contenus numériques » proposera divers outils, à utiliser exclusivement sur place : tablettes de marques diverses (1), une liseuse, et cinq casques audio. Le salon de lecture numérique, composé de six fauteuils rouge et d’une grande table basse, sera installé dans le hall, entre l’accès à la salle d’actualités et l’espace BD. La création d’un espace physique fait suite à l’expérience, concluante, de proposer au prêt, depuis l’an dernier, cinq tablettes numériques contenant chacune 200 ouvrages numériques. « Elles n’ont cessé d’être empruntées et sont sorties 45 fois », précise le directeur.

</maj>

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3 commentaires sur “Le salon de lecture numérique

  1. La Petite Bibliothèque Ronde (Clamart) s’est lancée pleinement dans le numérique en septembre 2011. Et pour satisfaire nos (jeunes) usagers et leur faire découvrir de nouvelles pistes de lecture, nous avons fait l’acquisition de 2 iPads et 4 consoles Nintendo DSi XL et 3DS. Cependant mettre en place une offre aussi légère n’est pas une mince affaire, et nous avons également pris en compte le fait qu’il fallait notamment penser au confort des lecteurs/joueurs et à la sécurité de l’équipement.

    Avant de penser à la sécurité, nous avons d’abord envisagé la création d’un nouvel espace dédié à la lecture numérique et aux jeux vidéo. Il paraissait logique d’en faire un espace cosy, agréable pour les joueurs comme pour les lecteurs. Le mobilier signé Alvaar Alto, bien qu’il fasse partie du patrimoine culturel hérité par la bibliothèque se révèle, avouons-le, peu confortable ni propice à la détente des usagers.

    D’ailleurs peu d’enfants s’installent à une table pour lire, la plupart du temps, ils préfèrent se cacher dans quelques recoins formés par les étagères et les bacs de BD pour parcourir en secret les pages d’un livre. C’est donc dans cet esprit que nous avons souhaité réaménager notre grande salle déjà dédiée aux documentaires et à l’espace multimédia.

    Nous avons donc divisé cet espace, organisant des petits coins de lectures. BD par ici, documentaires des petits par-là, exposées autour d’un tapis où les enfants aiment s’allonger pour piocher dans les bacs. L’ensemble est à la fois visible et camouflé, comme des bulles d’air parsemant la pièce, sans pour autant briser l’harmonie de la forme ronde.

    Pour parfaire le tout, une table basse et quelques fauteuils sont centrés autour d’un tapis. Voilà comment recréer un espace fonctionnel et efficace, puisque parents et enfants ont déjà investi ce mini-salon. Grand avantage de ce nouveau mobilier, nous avons pu y installer les anneaux de fixation qui serviront pour les câbles de sécurité prévus pour les tablettes et consoles. L’ancien s’accorde très bien avec le nouveau, tel cet ancien meuble-fichier accueillant les fichiers de lecteurs d’autrefois et qui possède les dimensions parfaites des boîtes de jeux DS !!!

    Pour compléter cet espace, nous avons réuni sur les étagères alentours tous les livres liés à ces nouveaux outils : les livres jeux que les enfants adorent, mais aussi les romans et documentaires traitant de l’informatique et du numérique. Notons aussi l’acquisition de quelques revues spécialisées jeu vidéo pour patienter lorsque les consoles sont utilisées par d’autres.

    Il reste beaucoup à faire pour le confort de cette pièce, et l’arrivée d’une prochaine console de salon ou d’un OPAC innovant nous pousse encore à quelques changements du côté de l’espace multimédia. Une réflexion que nous sommes d’ailleurs en train de mener avec la bibliothèque Louise Michel à Paris afin de satisfaire encore et toujours le plaisir de la lecture et du jeu.

    Pour plus d’informations et pour la suite de l’installation de notre offre numérique trois articles sont à découvrir sur : http://www.enfance-lecture.com

    Pour des photos ou d’autres informations n’hésitez pas à nous contacter !

  2. Merci pour votre partage d’expérience. J’ai moi aussi observé dans divers endroits que lorsqu’ils ont le choix, les enfants aiment se cacher entre deux étagères pour lire « en secret ». De plus j’adore votre idée de recycler votre meuble du fichier lecteurs en meuble à boîte de jeux DS.

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